Covid à l'école

Fermeture de classes, aides, modes de garde… Ce qui est prévu en cas de Covid-19 à l’école

Alors que 12,4 millions d'élèves ont repris le chemin de l'école, certains établissements scolaires sont déjà touchés par des cas de Covid. Guide pratique si ça arrive chez vous.

En cas de cas de Covid-19 à l'école, plusieurs mesures ont été prévues.
En cas de cas de Covid-19 à l’école, plusieurs mesures ont été prévues. (©Actu Morbihan)

C’est l’une des craintes de cette rentrée scolaire : voir les élèves retourner chez eux en cas de pic épidémique. Avec pour conséquence la reprise de l’école à la maison, un casse-tête pour les parents.

Selon le ministre de l’Education national Jean-Michel Blanquer, ce vendredi 4 septembre 2020, douze écoles sont fermées en métropole et dix à la réunionUne centaines de classes ont également fermé leurs portes. 

« Nous déclenchons à peu près 250 protocoles par jour pour suspicion de Covid », a-t-il ajouté au micro d’Europe 1, rappelant que « plus de trois cas de Covid déclenchent généralement la fermeture de la structure ».

 

Enseignement par petits groupes, fermeture de classes ou d’écoles, congés pour garde d’enfants… On fait le point des mesures possibles si un cas de Covid est détecté dans l’école de vos enfants.

Lire aussi : Ecoles, collèges, lycées : après le confinement, des évaluations renforcées dès la rentrée

Eviter les fermetures de classes ou d’établissements

Jean-Michel Blanquer l’a martelé à plusieurs reprises : en fonction de l’évolution des cas de Covid-19 sur un territoire donné (cas isolés, foyers de contamination, zones de circulation active ou très active du virus), les recteurs d’académie, préfets et directeurs d’Agence régionale de santé peuvent prendre des mesures localisées, en lien avec les élus locaux. Deux cas de figure ont été définis par le ministère de l’Education nationale.

Le premier, en cas de circulation active du virus dans un territoire, prévoit une adaptation du protocole sanitairelocalement. Objectif du gouvernement : maintenir autant que possible les cours en présentiel, tout en imposant des règles sanitaires plus strictes.

Parmi les conséquences, « une réduction des capacités d’accueil, notamment du fait des règles de distanciation » qui pourraient se durcir.

Le ministère prévoit d’« optimiser l’agencement des salles de classe », de mobiliser préau, CDI, gymnase, hall d’entrée… voire même des locaux « hors établissement scolaire » (bibliothèque, salle des fêtes, musée, cinéma…).

Cécile Frattaroli, porte-parole de la Fédération des parents d’élèves de l’enseignement public (PEEP), l’assure :

La piste, c’est vraiment de former des demi-groupes, répartis dans des locaux publics identifiés au préalable et d’éviter les fermetures de classes ou d’écoles.

Une « bonne idée » reconnaît Carla Dugault, coprésidente de la FCPE, pour qui « apprendre avec un enseignant et des camarades de classe, c’est quand même mieux ».

Isoler-tracer-tester
En cas d’apparition de cas de Covid-19 chez des élèves ou des personnels, le ministère de l’Education suit la procédure classique : isoler-tracer-tester.
• Le ministère de l’Education nationale rappelle l’importance du rôle des parents, qui ne doivent pas envoyer leur enfant à l’école en cas de fièvre supérieure à 38°C ou d’apparitions de symptômes chez l’élève ou dans sa famille.
• En cas de symptômes survenus à l’école, l’élève est isolé immédiatement, avant sa prise en charge médicale ou son retour à la maison. Son retour en classe est conditionné à sa contamination ou non au Covid-19. En l’absence d’informations, il devra respecter une quatorzaine.
• Si l’élève est testé positif, ou si des membres de son foyer le sont, il ne doit pas se rendre à l’école. Commence alors le traçage épidémiologique des cas contacts. Une fois listés et isolés, ils sont soumis à la stratégie de dépistage de l’ARS, avec des mesures qui peuvent être prises à l’école.
• L’élève ou le personnel pas considéré au final comme « contact à risque » peut rejoindre son établissement scolaire, sur justificatif médical. Tous les parents d’élèves doivent être tenus au courant de la situation et de son évolution.

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Le gouvernement tient à ce que les élèves aient des cours en présentiel autant que possible. (©Illustration / Adobe Stock)

En cas de fermeture, enseignement à distance

Toutefois en cas de circulation très active du virus, la fermeture des écoles, collèges et lycées, « sur une zone géographique déterminée » peut être décidée. 

C’est le pire des scénarios, avec pour conséquence le retour des enfants à la maison ou leur placement au sein de structures de garde (crèches, multi-accueil, assistantes maternelles…), quand cela est possible.

Le gouvernement a élaboré un nouveau plan de continuité pédagogique, afin d’assurer l’enseignement à distance, comme pendant le confinement.

Aux enseignants d’assurer ce suivi avec leurs élèves au travers des différents outils à disposition (Ma Classe à la maison du Cned, l’espace numérique de travail (ENT)…)

La piste d’un enseignement hybride (une partie en petits groupes et une partie à distance) est également évoquée. 

Prêt pour un nouvel enseignement à distance ? 
Pour le ministre de l’Education, « tout est prêt » pour assurer cette continuité pédagogique. 2000 ordinateurs pourront être déployés.
Les organisations syndicales enseignantes, comme les fédérations de parents d’élèves, sont plus sceptiques. A la PEEP, si on salue les moyens mis en place et « les efforts des collectivités », on constate encore « un manque d’équipement ». Idem à la FCPE, pour qui « il n’y a pas de continuité pédagogique » au vu du « manque de formation des enseignants » notamment.
Même constat au syndicat SNUipp-FSU, précise à Actu.fr sa porte-parole Guislaine David : « On ne s’est pas posé pour faire le bilan de l’enseignement à distance, on n’a pas eu le temps. Or, il reste des élèves sans ordinateur, des zones sans connexion internet, des familles plus démunies que d’autres… »

 

Aides ou modes de garde alternatifs à l’étude

Dans ce scénario du pire, que ce soit pour un enfant malade du Covid-19 placé en quatorzaine ou dans le cas où sa classe, son école ou même sa crèche est fermée, c’est le retour à la maison. Aux parents de s’organiser à nouveau. Télétravail ou pas.

Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a assuré mardi 1er septembre sur Franceinfo qu’un congé pour garde d’enfants était à l’étude.

Le congé parental sera possible dans le cas ou la classe ou l’école est fermée.

 

Ce qu’a également confirmé ce vendredi le ministre de l’Education nationale sur Europe 1, assurant vouloir privilégier des modes de garde alternatifs à un dispositif d’arrêt de travail et de congés. Il évoque la piste d’une aide pour les parents qui travaillent et gardent leur enfant à la maison.

 

Sollicité par Actu.fr, le ministère du Travail n’a pas répondu à notre demande de précisions. Selon les informations du Figaro, « un dispositif d’accompagnement sera bien mis en œuvre », dont les modalités sont « encore en discussion ». 

Trois conditions sont évoquées :

  • la fermeture de l’établissement par les autorités compétentes ; 
  • pas d’alternative locale de mode de garde ;
  • pas de télétravail possible pour aucun des parents.

« Il y aura un dispositif » d’indemnités journalières ou d’activité partielle « pour les cas où il n’y aurait pas de garde » a assuré de son côté ce vendredi sur Franceinfo Elisabeth Borne, ministre du Travail. « L’objectif est de trouver des solutions pour que les parents puissent continuer à aller travailler », a-t-elle précisé.

 

Pendant le confinement, un arrêt maladie dérogatoire était possible, permettant d’être indemnisé à hauteur de 90% de son salaire brut. A partir du 1er mai, les parents qui ne pouvaient pas télétravailler mais devaient garder leurs enfants de moins de 16 ans pouvaient bénéficier du chômage partiel, ce qui n’est plus le cas dorénavant.

En attendant que le gouvernement se mette d’accord sur le dispositif, c’est le système D. Aux parents de poser RTT, congés, de télétravailler en gérant les enfants ou de se débrouiller pour les faire garder. Tout en évitant de faire appel aux grands-parents, jugés particulièrement à risque face au Covid-19.